Son p***** de chat

Ecrit avec doigté par: ShywhitesharkMillésime 2007

Je parlais des satellites de la fille célibataire dans un article précédent. S’il en est un qui mérite – tout comme la meilleure amie – un post éducatif, c’est bien ce monstre infâme et sans code d’honneur, cette abomination sociétale, ce félin hargneux au pouvoir de nuisance trente fois supérieur à sa mère : Poupouille, Staline, Félix, Christian…  c’est selon, que j’ai nommé personnellement son p**** de chat.

 

Je ne vais pas réécrire des morceaux de scenarii que l’on voit dans tous les films sur la coexistence impossible entre l’homme et l’animal. Je vais juste vous raconter une expérience vécue. Promis : rien de plus, rien de moins. Mais franchement, y’a des moments, je me demandais si le chat ne regardait pas lesdits films quand sa maîtresse n’était pas à la maison pour me faire vivre ce qu’il me faisait vivre.

Déjà, j’aurai dû me douter de ce qui m’attendait la première fois qu’elle m’a amené chez elle. Moi quand je vais chez mes parents, mon chat il vient direct se frotter à mes mollets, lance un ou deux « maouuu » pour que je le prenne dans mes bras et lui fasse un câlin. Lui, non. Il était assis, au bout du couloir, en me regardant droit dans les yeux.

 

Utopie des premiers jours : ça peut être un pote

Au début, j’ai essayé de m’en faire un pote. En toute sincérité en plus. J’aime bien les chats (enfin j’aimais…). Je lui donnais à manger : il snobait ce que je lui mettais à manger. J’ai cru que c’était parce qu’il n’aimait pas sa pâtée.  Alors je suis descendu (oui, descendu!) à l’épicerie acheter une boite de thon pour le mélanger avec sa boîte. Il n’a même pas regardé son assiette. Quand la miss est rentrée de son shopping, a jeté ce qu’il y avait dans son assiette et ouvert une boîte Leader Price qui (sérieusement) puait le rat crevé, il s’est jeté dessus. S’pèce de ba****.

J’ai également essayé de l’amuser un peu, de jouer avec lui. Ça aime bien sauter comme un con sur un bout de ficelle un chat. Au début, je pensais (un peu attristé même) qu’il avait un problème moteur et/ou un léger strabisme lorsqu’il tapait toujours à 5 cm du bout de ficelle et qu’il entaillait ma main. Très vite, je me suis rendu compte qu’il avait parfaitement toutes ses facultés. C’t’enc*****.

Coups de putes et cie

Ensuite, il y a eu la guerre froide. Celle des manipulations. Contrairement à un être humain, un chat, ça n’a aucune déontologie. Ni amour propre. Sauf celui d’être finalement vainqueur. Quand je suis avec miss, tranquille dans les bras l’un de l’autre, en train de mater un film, Mister Cat ramène sa face de Machiavel. Et des ronrons et des ronrons, voilà qu’il se frotte à moi, me fait des câlins, s’installe sur mes genoux. « Ah, tu vois qu’il t’aime bien! » Mwouai… Il y met tellement de zèle le con que je me dis finalement que je me suis fait un film. En plus, il se met sur le dos pour que je lui gratouille le ventre. Et il a l’air d’aimer ça… C’est vrai que j’ai une tendance à
être plutôt méfiant. Mais là, je me suis un peu laissé emporter peut-être… Quand miss va dans sa chambre pour décrocher son portable et réconforter Béa, ni une ni deux, coup de griffes coup de dents (il n’a fallu que deux dixièmes de seconde à mister cat pour choper ma main avec ses deux pattes avant, les labourer avec ses deux pattes arrières et finir par croquer le tout avec ses petites canines aussi tranchantes qu’un ra7or). Quand miss revient et que je lui montre ma main déjà boursouflée en me plaignant un peu parce que ça pique (oui, je ne suis qu’un homme), vous savez ce qu’elle me lance ? « Tu as dû l’embêter, je te connais ». Vous avez déjà entendu un chat ricaner ? Bin moi je suis sûr que je l’ai entendu ce jour-là ce fils de p***.

J’ai compris que la guerre était vraiment déclarée lorsqu’un matin où nous avions passé la nuit chez elle, nous nous levons et le trouvons roulé en boule sur ma veste en velours côtelé noir où il avait passé toute la nuit (pour une fois, il n’était pas venu faire 1- son voyeur lors de nos ébats, 2- son chieur en se fourrant ensuite entre nous deux dans le lit). « Oh c’est mignoooooon! Tu vois il t’aime bien! Il a passé toute la nuit dessus pour avoir ton odeur! » D’une veste en velours je me suis retrouvé avec une fourrure en poils de chat. Il était en période mue. Et je suis persuadé qu’il en avait conscience c’t’enf****!

Le temps des hostilités

C’était donc la guerre. Et qui dit guerre, dit armes de guerre. Lui ça va, tels les ninjas, il se battait à l’arme blanche. De mon côté, je suis tout de même humain et me persuadais de rester l’ami des bêtes. Donc pas le droit aux mandales (mon avant-bras fait quand même le même poids que lui tout mouillé), pas le droit aux drops, pas de marteau-pilon ni de techniques d’étranglement. La solution : le pistolet à eau ! Et entre nous, c’est trop bon! Jouissif! Terriblement régressif, mais indéniablement guerrier. Donc, à chaque coup tordu, une giclée dans la face. Et il n’aimait pas ça. Mais alors pas du tout! Du coup ça n’a pas arrangé notre relation (avec le chat, miss tenait le second plan dans l’histoire). Il est devenu beaucoup plus offensif, du croquage d’orteils sous les draps au labourage de main violent dans le canapé. Même mes collègues me faisaient remarquer en voyant mes avant-bras « t’as dormi dans les ronces ou quoi ? ». Rivières de sang et Tétanos contre Vittel (gardons juste le « éliminez! »), devinez qui avait tort quand je me plaignis à miss ? C*** sucker!

La vengeance finale

Alors, j’ai décidé de jouer les Niccolo Machiavelli à mon tour. Tout comme un collègue mal intentionné collecte lentement avec patience et détermination tous vos faux pas pour en faire un dossier lourd comme une gueule de bois au Get 27 - dossier qu’il ressortira le jour où il faut donner l’estocade finale et prendre votre place - j’ai noté. Il se doutait bien qu’il se passait quelque chose. Je crois désormais, en me remémorant ces moments, qu’un chat peut comprendre la signification d’un rictus. Et du groupe verbal « t’inquiètes… ».

J’ai alors préparé chez miss un dîner surprise, avec des photophores, un petit Tariquet blanc déniché chez un pote caviste, Marvin Gaye en fond sonore. J’ai été tendre, j’ai été courtois, j’ai été complimenteux. J’ai fait ce qu’il fallait après le dîner quand langoureusement nous nous sommes retrouvés dans le lit. Et lorsque nous avons enfin fait surface de dessous les draps, rouges et comblés, j’ai entouré miss de mes bras protecteurs, virils et doux à la fois. Mister cat - à son habitude - était au bout du lit, à me regarder d’un drôle d’œil. Et là, j’ai décoché la flèche maudite. « Tu sais bébé (ben ouais, c’est con mais ça marche toujours…), quand je vois ce qu’il a fait en bas de ton sofa Ligne Roset, quand il ne peut pas s’empêcher d’uriner dans ta douche et que ça sent pas toujours top, quand je vois les coups de speed qu’il se tape parfois et envole tout sur son passage dans l’appart’, je me dis qu’il faudrait faire quelque chose. J’en ai parlé à un pote véto, et il me dit que c’est courant chez les mâles. La solution qu’il propose à ses clients, c’est de le castrer… »

Croyez-moi ou pas, ce jour-là, j’ai vu qu’un chat pouvait ravaler sa salive et avoir des sueurs froides…