5 bonnes raisons pour casser par SMS

Ecrit avec doigté par: ShywhitesharkMillésime 2007

Après une leçon de décryptage de SMS dispensée par batman, on accueille parmi nous un nouveau guest qui nous explique pourquoi rompre avec son pouce et en 9 touches, c'est cool.

La meilleure façon de mettre un peu de dynamique quand, autour d’un verre en terrasse, votre bande préférée de copines est muette d’aise, j’ai un petit secret : une phrase qui fait mouche à tous les coups. « J’ai cassé avec S., je lui ai envoyé un texto hier soir pour lui dire que c’était fini ».

Levée de boucliers, insultes qui fusent, vous pouvez être assurés qu’un nouveau débat est lancé… Attention, ça peut être violent.

« Il me fait ça, je vais chez lui, je lui casse sa tête et après j’appelle sa mère ». E., 20 ans.

« Il a intérêt à avoir une bonne raison, genre devoir être parti en urgence en Thaïlande dans la nuit et avoir oublié de me le dire… et encore, il vaut mieux qu’il ne revienne pas parce qu’un réseau ça sert aussi à ruiner une réputation ! » C., 32 ans.

Sincèrement, quand on y réfléchit de façon rationnelle et la tête froide, il existe objectivement des bonnes raisons pour larguer par texto. Démonstration.

1— une rupture est une expérience traumatisante

Et nous sommes sensibles, nous les mecs. Si, si. On le cache bien c’est tout. Ça nous déchire le cœur de devoir rompre. Bien souvent. Parfois. Enfin bref. Devoir subir la tête de la nana est une expérience traumatisante qu’il vaut mieux éviter. Et puis avec la sale manie de chouiner pour un oui ou pour un non, nous après on se sent mal et la dernière image qu’on a de la fille c’est des yeux de lapin myxomateux. Bref, ça permet de garder une image souvenir digne. Non, non, pas la peine de nous remercier…

2— couper court aux négociations
Pardon, mais, après deux trois mots marmonnés dans un demi-sommeil pour avoir la paix, une fille peut avoir tendance à s’attacher. Un face à face pour une rupture devient vite une négociation, et tous les subterfuges sont alors bons pour nous faire douter de la décision. « Je serais plus ceci, je ferais cela, je vais changer… » Plus on approche de la trentaine, plus une rupture en face à face ressemble à des pourparlers à Kyoto : des heures et des heures de discussion pour se rendre finalement à une évidence qui précédait le débat : on ne parviendra pas à un accord. En plus, comme nous avons encore une qualité bien cachée, celle de la délicatesse, on a tendance à noyer le poisson en évitant surtout de donner les VRAIES raisons de la rupture. À force de négocier sur des choses non fondamentales et à nous tanner pour avoir une explication (le fameux « pourquoi? »), vous risquez mesdemoiselles d’entendre ce que vous ne souhaitez pas, c'est-à-dire la vérité : « vu tes copines, j’aurai préféré les rencontrer avant toi », « tu caches bien tes rondeurs sous tes vêtements amples… », « quand j’ai vu ta mère, j’ai su que tu n’étais pas un investissement pérenne » et autres saloperies que je me garderai de dire ici. Encore une fois : gain de temps et claques dans la gueule évitées grâce au SMS…

3— ne pas se faire humilier en public
Je reviens sur les grandes eaux. En public, sur une terrasse ou dans un café, vous passez très vite pour le gougeât de service. Faire pleurer une fille n’est pas encore rentré dans les mœurs comme un acte neutre. Nous aussi on pleure, mais seuls, dans notre chambre, en écoutant Dust In The Wind ou Hallelujah en boucle… Mais ça, les gens qui nous voient sur la terrasse, impassibles, face à cette nana ruisselante, ils ne le savent pas. Et encore, les grandes eaux c’est dans le meilleur des cas. Parce que bien souvent on a le droit de se prendre le jus de raisin dans la gueule (et une Ralph Lauren morte, une ! cf petit 4 également), ou alors c’est les insultes. Et quand ça insulte une fille blessée, ça ne chuchote pas, ça HUUUUUURLE avec les trémolos dans la voix et tout. Et après la tirade meurtrière bien entendue de tous, ça finit par quoi? … les grandes eaux… la boucle est bouclée… et on passe pour un gros con en prime. Alors que c’est peut-être de sa faute si elle se fait larguer…

4— un SMS coûte 0,15 centimes d’euro
Alors qu’un cocktail à l’Hermitage ça coûte 9 euros et un repas à l’Assiette du Marché revient presque à 50 euros par tête… Et que bien sûr, dans ces cas-là, on paye (on n’est pas des brutes tout de même). De toute façon, je ne suis pas sûr qu’on ait le choix… Enfin bref, claquer autant de thunes pour se faire insulter, passer pour un gros con en public et en plus ruiner une chemise… franchement, 0,15 centimes d’euros, c’est le meilleur R.O.I. possible !

5— on l’a pécho par SMS
Le numéro de portable en poche glané lors de la première entrevue, le meilleur moyen que l’on a trouvé pour provoquer la seconde, voire pour provoquer la « conclusion » a été le SMS. Et comme elle n’était pas du tout contre ce rapprochement, ça répondait du tac au tac, avec un débit s’accélérant pour atteindre une vitesse de croisière de 40 SMS/heure. Avec, on l’imagine, un petit gloussement de sa part à chaque fois qu’elle lisait le SMS bien pensé, bien tourné, mi-évasif mi-invitatif (oui, je viens d’inventer le mot !). On se souvient aussi de cette petite accélération cardiaque quand le bip bip annonçait un nouveau message et le sourire qui s’affichait automatiquement quand on voyait que c’était elle. De son côté, c’était la même chose. Par la suite, c’était les mots doux, coquins, qui rythmaient la relation quand on n’était pas ensemble… Alors restons cohérents, de quoi créer une belle anadiplose. En fait, rompre par SMS, c’est de la poésie, une figure de style !

Pour conclure, larguer par SMS c’est comme se défaire d’un sparadrap : ou on décide qu’il va tomber tout seul à force de douches et de bains, ça prend des jours (voire des semaines quand il est bien accroché) et la peau est devenue toute pourrie en dessous, ou on arrache d’un coup sec, ça fait mal sur le coup et après on est tranquille…

Ça fait du bien des fois d’être un gros con le temps d’un article :-)