La peste ou le choléra, Charybde ou Sylla.
Ecrit avec doigté par Jean Kevin le 16 octobre 2008 – 8:28Prologue à base de slam introductif :
Lorsque Wall Street va dans le mur, tu risques de finir à la rue.
Tu repenses à tout cet argent que t’as claqué pour le cul.
Le moral dans les chaussettes, les finances au plus bas,
Pour le pouvoir d’achat, mieux vaut-il le couple ou le célibat ?

Acte I : Les fleurs du mal, l’origine du monde et les oursins dans mes poches
Petit calcul rationnel sans chiffre (ni lettres de qualité) pour hommes sensibles et sensés désireux de maximiser leur courbe de satisfaction.
Le postulat de base à prendre en compte est la courbe Yes, elle aime (appelée aussi IS-LM dans la vraie théorie économique). Qui dit courbe, dit femme. Le calendrier Aubade 2000 avait été shooté par un homme qui déclarait que tout ce qui était rond était sacré. Ou l’inverse…Courbe ? Voiture ou ballon, auront répondu les mauvais. Pour se faire plaisir et atteindre l’ataraxie, il faudrait que ta femme se taise un peu de temps à autre. Ca te ferait du bien, au fond. Ce serait plaisant. On tient le premier axe, le vertical, droit comme un sexe d’homme, le chromosome Y de notre graphique : le plaisir. Le problème, c’est la constitution du deuxième axe. L’axe du mal, féminin pourtant. Pour la faire taire, l’éloigner un peu, il faut de l’argent pour lui acheter une nouvelle cuisinière Mobalpa et un nouveau lave-linge. Ou un Tamagochi. Notre axe X sera donc l’argent. La femme est ontologiquement vénale.
Nous venons donc de constituer le postulat de base de notre démonstration pro-pouvoir d’achat : plus un homme dépense (sur X), plus son plaisir diminue (sur Y). Manque de bol, c’est l’inverse qu’on a observé chez la femme. Si si…Photométrie à l’appui : on va prendre l’exemple probant d’un samedi de shopping chez un homme pas encore tout PD. Ni métro. Il sourit ? Non. Elle ? Oui.
Le seul plaisir qu’il va retirer de ces longues heures de shopping avec sa dulcinée sera celui des yeux. Sa chérie en cabine, il jouira à loisir de toutes les autres maniaques qui seront venues dénicher l’access trop hip de la saison. Chaleur, air conditionné, éclairage pourri, furies attaquant de toute part, que du déplaisir. Pour un final parfois ahurissant : Marie-Chantal a oublié sa carte bleue, et tu te retrouves à lui offrir ce truc immonde qui lui surmoule le boule. Le célibataire lui n’a que sa garde-robe à entretenir. Le porte-feuille du célibataire est donc mieux garni pour l’instant.
Entracte sexuel : souhaitant assurer la base théorique de l’article, je voulais vérifier mes connaissances sur l’homo oeconomicus. J’étais à cette heure-là de la nuit déjà sur un presque porno, « 99 francs » de son nom. J’avais grand envie de seins en dégustant ma salade de fruit. Voilà la définition que me propose Wikipédia pour me concentrer : « a des préférences et qu’il peut ordonner. Si ainsi il préfère les pommes aux poires et aussi les poires aux bananes, alors il préfèrera les pommes aux bananes. C’est la transitivité ». Nous pourrons débattre tous ensemble de la plus belle forme de seins, pomme ou poire. Banane, je passe mon trou. Tour, pardon.
Acte II : Picasso, LVMH et schizophrénie débutante
Les pates. C’est bon les pates. C’est pratique, rapide, et super bon. Pates au Nutella, pates au poivre ou pates au lait les veilles de déménagement, le célibataire peut se contenter de peu. Malheureusement, le mec en couple, a.k.a « traitre à la cause » n’a pas le choix lui. Il ira manger au restaurant payant pour ne pas faire de peine à sa chérie. Il cuisine avec pas grand-chose, elle a besoin de mettre minimum 10 fruits et légumes dans chaque sauce. Sans compter les herbes et épices. Avantage au célibataire.
S’il veut éviter une image de crevard et assurer une régularité des rapports sexuels, il préfèrera le cinéma au streaming ou aux téléchargements. Mais comme Disiz armé de ses cartes UGC et Gaumont, il donnera RDV à l’intérieur du cinéma. Le célibataire peut/doit avoir un tas de loisirs à son rythme et se taper trois quatre expo en un après-midi, sans le fardeau d’une débile à talons qui se plaint tous les cinq mètres que « ça fait mal, les talons ». (Aveu schizo : une fille sans talons, on la plante au premier coin de rue). Toutes ces expos, de Picasso à Métamorphose chez Vuitton, avalées rapidement dans le but de masquer l’inavouable le lundi matin au café : « Et toi, jeune célibataire, qu’as-tu fait ce week-end ? ». Répondre « bah, deux trois filles » risque de choquer, voire d’agacer. « Deux trois expos » est donc une réponse socialement valide et validée par le Comité des Queutards Fous et Diaboliques. Culture et sexe pas cher : avantage au célibataire. CQFD.
Le célibataire est intéressant car il se renseigne beaucoup, pour pouvoir accrocher une éventuelle prétendante : « Ah, tu es Roumaine ? Tu ne le trouves pas trop beau Mutu ? » Il emprunte des livres, à ses amis ou en bibliothèque, où il rencontre de charmantes étudiantes qui n’attendent que d’être kidnappées. Il collectionne les Direct Matin et les numéros de Sport. La fille, obligée de camoufler son inculture naturelle et son désintérêt du monde environnant, collectionne les bouquins de déco, de mode, que des gros trucs chers… Avantage : la gestion financière du célibataire.
La télé : un truc de couple qui s’emmerde. A l’heure du repli du couple sur lui-même, un vrai investissement. Le célibataire est en mouvement, il ne peut pas prendre racine. Economies = 1 écran plat (+ enceintes + consoles + meubles), on monte vite à 4 milliards d’euros. Le célibataire n’a pas le temps pour des soirées TV, sauf pour le foot entre potes. Ses séries il les regarde seul sur son PC. A toute heure.
Recevoir des amis ? On le sait, le célibataire est pestiféré, anormal. Il ne reçoit pas chez lui car personne ne veut venir. Les filles en couple ont cette putain de manie de merde d’éloigner d’eux les potes qu’elles ont réussi à détourner de la vie sauvage. De toute façon il n’a que deux couteaux, deux fourchettes, au cas où une fille vienne un jour à l’improviste, alors recevoir un couple s’avère compliqué. Economies encore pour le célibataire.
Entracte musical :
Alain Souchon m’emmerde. Sharam m’enchante, Lady gaga aussi. Je suis de très bonne humeur.
Acte III : L’invitation au voyage, le ciel, les oiseaux et ta mère l’avare.
Etre en couple, c’est tellement gonflant que Tatiana veut partir. Pour faire quoi ? « S’oxygéner », comme tout le monde. Sortir de Paris. Partir en week-end. Deauville, l’ile de Ré, Megève.
Le célibataire prendra soin de voyager avec sa bite. Au besoin, il demandera à ses conquêtes de raconter leurs vacances, leurs enfances, blablabla… Le week-end, les vacances, même construction mentale : prendre ses vacances en juillet alors que Paris est bourrée de touristes blondes ? Vous n’y songez pas sérieusement. Le célibat, c’est aussi moins de cadeaux à faire, adieu St Valentin, Noël et autres anniversaires. Voyage d’un autre genre, le voyage sensuel et sensoriel. Il faut tout de même reconnaître au couple un avantage : les économies de capotes.
Qui entraineront des frais de maternité, de changement de voiture, de déménagement où tu ne pourras même pas manger de pates à l’Oasis.
Je parle de tout ça à maman qui me dit « Mais mon fils, tu n’as plus de cœur. Ni de cerveau. Relis Molière, et pas que Dom Juan. Relis l’Avare. Le couple c’est avant tout des économies d’échelle : des grands paquets de gruyère râpé, des réductions d’impôts, des offres spéciales 48 yaourts, plus de mètre carré pour un euro dépensé. D’un autre coté, certaines choses ne sauraient être quantifiées. Le bonheur par exemple.Tu as vu Into the Wild. “Happiness is only real when shared”. Ça ne m’étonne pas qu’en raisonnant ainsi tu sois toujours célibataire, tiens… ». Philosophe du réel la Mom. Realpolitik appliquée.
Epilogue pour Victor Hugo : « La peste soit de vos deux maisons ». Dans un des deux cas, la peste est quotidiennement la même sous les draps. Dans l’autre, c’est Poweo qui assure seul la fonction chaleur. Putain de conjecture… J’ai cet article à l’état de brouillon depuis deux semaines, et il faut que le Cac et les Bourses du monde entier rebondissent aujourd’hui. Y’a pas de justice. Alors, pomme ou poire ?
Posté dans Cause masculine, tiens toi mâle |






16 octobre 2008 à 10:51
Ah non, finalement les bourses se recassent la gueule.
Ca reste donc d’actualité. Sauvé.
16 octobre 2008 à 11:07
conjONcture.
Tu reviens au niveau qui était le tien, c’est bien.
Cependant, 0 private dans tout l’article, je suis un peu déçu.
Ton double bénéfique
16 octobre 2008 à 11:37
Private spice. Connoisseurs only.
16 octobre 2008 à 21:12
… Schizophrénie, mon amour …
16 octobre 2008 à 21:29
Est ce que je suis la seule a voir un celibataire qui tente de se convaincre que c’est mieux comme ca? Comme Ross dans “Friends” qui fait des listes pour choisir entre 2 filles. Bel article cependant.
18 octobre 2008 à 15:45
Cher JK, petit ersatz de Beigbeder,
Te lire me fait plus suffoquer qu’une promenade dans le centre ville de Grenoble. Selon toute statistique, ton rendement bimensuel égal celui du quidam en l’espace d’une vie. Si tu veux reconquérir un lectorat, ajoute un zeste de normalitude, humanitude, Anna-Gavaldaitude, wathever..
Avis de doc à part, mieux vaut la peste que le choléra (les couches c’est pas très glamour).
19 octobre 2008 à 15:40
Petit ersatz de Beigbeder,
Selon toute statistique, ton rendement bimensuel égal celui du quidam en l’espace d’une vie. Si tu veux reconquérir un lectorat, ajoute un zeste de normalitude, humanitude, Anna-Gavaldaitude, wathever..
Avis de doc à part, mieux vaut la peste que le choléra (les couches c’est pas très glamour).
20 octobre 2008 à 18:17
@ Heroine :
Anna Gavalda m’a fait pleurer un jour où j’allais mal sur “Je l’aimais”.
Le reste relève du fiottesque. Je ne vois pas d’autres mots à cause de mon vocabulaire limité.
Mes mains n’ont parcouru que les 50 premières pages de la mièvrerie adaptée au ciné… “Ensemble c’est tout”. Après je suis allé écrire ce que j’avais envie de lire.
@ La peste : Tout sur Excel, ça va plus vite pour pondérer qu’une liste.
Visage/seins/fesses/odeur/douceur/conversation.Haleine aussi.
Un trou étant un trou, il n’est pas pris en compte.
1 novembre 2008 à 20:40
Anna Gavalda est moche/sentimentale/empathique/idéaliste, alors que Bret Easton Ellis est beau/amoral/cynique/contre-utopiste. Dilemme pas très cornélien.
Tu as oublié “rapport à l’argent” dans tes critères: si tu sors avec une radine, elle a un raisonnement économique proche du tien donc proscrit le comportement amoureux dépensier tant redouté. CQFD.