Un Ra7orboy s’envoie en l’air – Part 1
J’ai toujours adoré les aéroports. Entre 2 villes, 2 pays, en
dehors du temps, c’est comme une page blanche pour notre imagination
(waouh on dirait du Christophe Maé), enfin surtout une page blanche
pour les rêves et les fantasmes. Rappelez-vous les premières minutes du
film Fight Club, où Edward Norton se réveille dans un avion, puis dans
un autre, perdu dans les décalages horaires, entre rêve et réalité. Ben
moi c’est à peu près à ça que je ressemble ma vie en ce moment.

crédit
L’aéroport (international évidemment, sinon c’est pas drôle), c’est
le seul endroit où je me permets d’être quelqu’un d’autre : un business
man branleur de 25 ans avec ses lunettes de soleil en pleine nuit
« parce que tu vois la semaine d’avant j’étais à Miami je suis claqué
là je dois aller à London trop hype mais tellement relou toute cette
lumière ouais putain c’est quoi ces pauvres gens me touchez pas bordel
». J’emmerde le monde dans les aéroports, je suis le moins aimable
possible et je joue le jeu du mec inaccessible, pourquoi ? Parce que je
voyage en business connard. Le seul petit con qui a droit au lounge VIP
avec bouffe et Bordeaux à volonté (goutez le Saint Julien, formidable)
et la coupe de Veuve Cliquot pour mieux dormir après, le seul qui a
droit à son appel au micro « parce que merde je vais quand même pas rentrer
après la classe éco », le seul qu’on fusille du regard en cherchant son
siège dans l’avion, affalé sur mon siège en sirotant mon champ qu’une
bombe en costume m’a gentiment apporté avec des petits fours. Mon air
dédaigneux n’arrange pas l’humeur des pauvres passagers qui
s’entasseront derrière moi au milieu des chiards, des presque-pauvres
et des pue-des-pieds...
Mais n’allons pas trop vite et revenons à notre check in, car c’est là que tout se passe, c’est là qu’on fait la 1e
impression : En grillant toute la queue, je n’en rate pas une miette,
toute nana plutôt pas mal passe au scanner, sujette de mes
interrogations quant à savoir si je pourrais me retrouver à côté d’elle
dans l’avion, et si plus si affinité. A moitié endormi, je me vois
déjà, engageant une conversation maladroite, modeste et tout et tout
« oui en fait je passais la journée à Paris pour le boulot, là je
reviens à Dubaï, oui je vis là-bas c’est sympa mais sans plus etc
etc », proposant gentiment de l’aider avec son écran tactile, la
conseillant sur les films que j’ai déjà tous vu évidemment, papotant
d’un air dégagé et poli, jusqu’au moment où les turbulences se font
sentir, attachez votre ceinture, verrouillage des portes arrière,
armement des toboggans etc on tombe, tout le monde panique, … Là 2
possibilités se présentent :
- Je me tape la nana tout de suite car
nous sommes tous les deux des adultes responsables et consentants qui
nous nous protégeons mais on ne va quand même pas crever sans une
petite gâterie.
- On s’écrase comme des merdes sur une
île perdue dans le pacifique, là il se passe des choses bizarres, on se
fait attaquer par des mecs qu’on appellera « les autres », puis
finalement je me la tape aussi. Faut dire y’a pas grand choses à foutre
sur cette île à part baiser comme des babouins.
Bref dans tous les cas je me la tape et ça se passe super bien, ben
en même temps c’est normal c’est mon rêve donc voilà c’est moi qui
décide.
Ding ding le boudin de Charles de Gaulle me rappelle à l’ordre :
Faut enregistrer ce bagage. Ouais ouais me casse pas les c***** hier
soir j’ai dépensé 3 fois ton salaire en boîte cocotte, et des comme toi
j’en croque au petit dej avec mon œuf et des mouillettes. Bref,
méprisant comme il faut je m’attarde à regarder à droite à gauche et
sur qui je tombe : Adriana Karembeu. Non là ce n’est même pas un rêve
elle va bien être en business avec moi. C’est la récompense en plus des
10.000 miles que je vais m’envoyer, merci patron je refais ça quand
vous voulez.
Confiant en mon modjo, je me retrouve assis à côté d’elle, ahahah
ça y est c’est bon je suis pas footballeur mais ça veut pas dire que je
peux pas marquer de but. Réfléchissant dans ma tête à la phrase
parfaite à sortir du genre « Vous êtes ? Karembeu ? Ah non je connais
pas désolé », je me refais la scène et tout roule évidemment, elle ne
m’envoie pas chier, elle est très gentille et elle n’a pas d’endroit où
dormir à Dubaï, formidable. M’apprêtant à attaquer ce morceau qui est
sans aucun doute le plus gros steak dans lequel je pourrais planter ma
fourchette, une hôtesse très vilaine vient casser le moment, proposant
à cette pouf de Karembeu de changer de place, pour un siège en
First !.... Ben merci c’est sympa tu viens de ruiner mon vol.
Monde de merde. L’année prochaine c’est décidé je demande la First.




















Excellent billet! J'imagine tout à fait la scène...
Rédigé par: bouh | le 12 mai 2008 à 07:41
TRES TRES BON, on veut la suite.
Plein de mimis
Rédigé par: pauline | le 12 mai 2008 à 09:45
"baiser comme des babouins", tu veux dire comme des bonobos!
Rédigé par: Manu | le 12 mai 2008 à 10:09
Manu: Qu'importe. Je pense que tu as saisi...
Rédigé par: esquimau | le 12 mai 2008 à 10:26
J'avais bien compris,
mais je t'invite à en lire plus sur le Bonobo...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pan_paniscus
Tu comprendras pourquoi j'insiste ;-)
Rédigé par: Manu | le 12 mai 2008 à 11:29
Ahaha ! :p Mais c'est qui la différence entre First en Business ?
Rédigé par: Loïc CHOLLIER | le 12 mai 2008 à 13:21
Je pense qu'Adriana avait rencontré Christian en First... putain t'aurai du faire footballeur... ou au moins être noir... t'abuse mec mais ça fait plaisir de te relire :)
Rédigé par: Patapon | le 12 mai 2008 à 16:59
Tout fondu, qu'il était l'esquimau !!
Rédigé par: Angie | le 12 mai 2008 à 17:56
C'est vrai que c'est dommage qu'elle ait changé de place, sinon c'est sûr que c'était gagné pour toi ........
Rédigé par: Audrey | le 13 mai 2008 à 12:22