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La guerre du feu pour allumer un joint

Ecrit avec doigté par Patapon le 24 mars 2008 – 1:02

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C’est férié, pour une cause histoire d’oeufs et de poules en chocolat, l’histoire que je vais vous rapporter aujourd’hui n’aura pourtant rien à voir avec Pâques, mais vous y trouverez des poules.

Cette histoire, c’est celle racontée dans le film actuellement à l’affiche : 10 000 BC (Ce qui signifie 10 000 ans avant Jesus Christ, l’époque à laquelle on comptait à l’envers, et non 10 000 Black Calvados ni 10 000 Bonasses en Chaleur )

Alors dans ce film, ça commence par un contexte bien posé : il se passe pas grand chose dans la vie d’une tribu (assez pauvre) de rastas blancs, il y a juste une fille aux yeux bleu qui se la joue hyper cool et un chasseur de mammouths qui se la joue incompris… en tout cas, ils ont tous des dreads. Ce mec s’appelle D-jay ou un truc comme ça. Son petit nom à elle c’est Ovulet, on comprend donc assez vite son rôle dans cette grande histoire qui vous allez voir, pose les base de toute l’humanité qui s’en suit (donc, cette histoire nous concerne, pay attention please).

Une fois le contexte passé, il y a une attaque de mammouth et D-jay
balance au chef des mammouths (un grand mâle) un filet avant de le
filer façon “bare-foot sur paris plage”. Il se fait traîner par le chef
mammouth pendant quelques minutes sur de la musique qui te colle la
frousse avant de le buter accidentellement mais comme personne l’a vu,
il dit qu’il l’a tué tout seul en en rajoutant des tonnes façon pécheur
de “hareng dépressif avec un penchant suicidaire”. Il reçoit tous les
honneurs de la vielle sage du village et gagne une méga promotion, il
devient en quelque sorte un senior manager rasta blanc. Après ça la
fille qui se la joue cool aux yeux bleu lâche son diabolo et s’éprend
de ce beau senior manager local.

Il a à peine le temps de lui faire son sketch d’incompris que des
skin-heads débarquent sur leur motos (bon ce sont des chevaux mais à
l’époque c’était assez novateur un cheval) pour venir capturer tous les
membres de la tribu rasta. Bien sur ils prennent Ovulet. D-jay, bien
trop occupé dans sa hutte à se masturber le cerveau sur les
responsabilités que lui confèrent son nouveau poste passe du coup
complètement à coté de cette péripétie et laisse sa belle se faire
capturer par les skin-heads. Quand il découvre tout ça, il décide de se
la jouer super héros et, sur fond de coucher de soleil, va chasser les
skin-heads pour récupérer sa meuf.

Il quitte donc son bled paumé où tout le monde se gèle les couilles,
traverse une montagne et se retrouve dans une forêt tropicale où il
fait assez chaud pour cuire un oeuf sur le trou de balle d’un mammouth.
Mais bizarrement, il n’en fait rien, car sa mission est plus
importante, il ne doit pas perdre la trace de pneu (bon ok de sabots)
des chevaliers skin-heads.
Il reste pas bien longtemps dans cette forêt, déjà parce que la musique
est pourrie, mais surtout parce que cette forêt regorge de poules
géantes limites volantes et visiblement affamées car on voit pas bien
ce qu’elles pourraient bouffer dans une forêt tropicale… tout le
monde sait que les poules ça mange que du soja. Bref, le bec des poules
il fait chlac-clhac, découpe des bambous en veux tu en voilà et hop
charge la fourgonnette sur le parking de Truffaut. Bon visiblement
notre D-jay il en a vu d’autres et il en a rien à foutre des bambous,
ça dois pas coller pas avec la déco - poils de mammouth de vieux cool
attardé qui fait pas son âge - de sa chambre.

Sur le long chemin vers on sait pas encore où les skins-head continuent
de capturer des villageois d’autres tribus… du coup, D-jay il profite
du malheur des autres pour abuser leur confiance et les forcer à
l’accompagner à la poursuite de sa meuf. Ah non j’oubliais comme D-jay
a sympathisé avec un tigre tout le monde pense que c’est un dieu (comme
C-3P0 dans le retour du jedi). Bref ça commence à faire une sacrée
armée où les rastas blancs côtoient les black unis pour libérer une
meuf qui se la joue cool, une belle leçon de tolérance hollywoodienne.

Bref bref bref s’en suit des séquences dans le désert sur la rive
gauche du Nil tout ça pour arriver chez des égyptiens albinos qui font
construire leurs pyramides par des mammouths et des rastas, des blacks
et plein d’autres gens capturés par des skin-heads qui empochent le blé
et se barrent, sauf un, qui est tombé amoureux de la fille cool.

D-jay et son armée de la tolérance ils provoquent le premier mai 68 de
l’histoire (mai -10 068) et sèment le bordel dans les rangs d’esclaves
et de mammouths (pas rancuniers) qui veulent plus bosser alors que les
pyramides elles sont même pas finies. Tout ça pour buter le dieu des égyptiens albinos et récupérer sa meuf. Mais manque de bol, c’était
sans compter sur le skin-head au coeur tendre qui tente de lui capturer
encore sa meuf, s’en suit un combat malheureux où Ovulet se chope une
fléchette perdue et sombre dans un concert de violons. Mais il y a
tellement de violons qu’elle revient à la vie et que D-jay laisse
échapper une larme. Pour conclure en beauté, les blacks filent des
extasy à D-jay qui s’en va retourner dans son bled avec sa meuf pour y
faire pousser de l’herbe car on s’y gèle même plus les couilles et
qu’on dirait qu’il commence un peu à bronzer.


Le film se termine sur un générique de noms allemands.

J’imagine que dans la suite on découvrira comment le reggae est né et
surtout à quoi peuvent bien servir les extas offerts par les dealers
black.


J’espère juste que ce film ne va pas défoncer le box office.


Posté dans Cinéma, Classiques ra7or |

15 Commentaires à “La guerre du feu pour allumer un joint”

  1. esquimau Dit:

    formidable, le style me rappelle la folie lyrique des debuts de ra7or…

  2. shaya Dit:

    Tu arriverais presque à nous donner envie de voir cette merveille… Et ça c’est inquiétant! ^^’

  3. Mad-Math Dit:

    Tout a fait d’accord avec Shaya!
    Je regrette presque de ne pas etre venu le voir avec vous! ;)

  4. Patapon Dit:

    Esquimau > Tout à fait, et depuis ton blood diamond je ne vois plus la critique ciné autrement.

  5. Alexandra Dit:

    Merveilleuse note qui confirme mes pires inquiétudes sur 10 000 Beautiful Cagettes !
    Le “pécheur de hareng dépressif avec un penchant suicidaire”, tu pensais à Hemingway?

  6. Patapon Dit:

    Alexandra : EXACTEMENT !

  7. Patapon Dit:

    je précise que c’est le hareng qui est suicidaire hein.

  8. Alexandra Dit:

    On s’en serait douté !

  9. The Tourist Dit:

    Quelque chose me dit que quelqu’un a encore laissé Polo choisir le film…
    Z’auriez dû aller voir le Darjeeling Limited, c’est top. Remarque, l’article aurait sûrement été moins drôle, niveau mammouth c’est quand même plus calme…

  10. blouh Dit:

    Je vais plus aller sur allociné :).
    ra7or, vivez le cinéma autrement…

  11. Silphi Dit:

    Effectivement, le truc flippant c’est de presque me faire regretter de ne pas avoir vu ce film. Par contre, dans les belles redécouvertes, il y a la version final cut de Blade Runner à voir absolument ;)

  12. Nina Dit:

    J’ai des places gratuites pour le ciné, je te les file pour que t’ailles voir des navets parce que tu excelles dans la critique moqueuse!! ;) Encooooooooore ! :)

  13. Patapon Dit:

    Nina > Merci mais t’embêtes pas, j’ai ma carte illimitée qui couplée à polo se transforme en carte navets à volonté.

  14. Noée Dit:

    De quoi lancer la carrière du DVD ! J’espère que vous touchez une com’ ;)

  15. shywhiteshark Dit:

    une critique cinéma comme j’ai rarement eu la joie de lire ! respect !

    et effectivement le plus inquiètant, c’est qu’on a presque envie de voir le film rien que pour se marrer de la traduction faite dans la critique…

    c’est ça que j’aurais du faire quand je suis allé voir John Rambo…

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